Comment fonctionne le score Yuka pour les produits cosmétiques ?

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Le score Yuka d’un produit cosmétique est une note sur 100, calculée à partir du niveau de risque de chaque ingrédient pour la santé et l’environnement, et non à partir de son efficacité. Yuka classe chaque ingrédient dans l’une de quatre catégories de risque, puis fait dépendre la note globale du composant le plus problématique présent dans la formule. Voici comment ce mécanisme fonctionne dans le détail, sur quelles sources scientifiques il s’appuie, et quelles sont ses limites reconnues.

Comment l’algorithme Yuka calcule la note d’un produit cosmétique

Selon la méthodologie publiée par Yuka elle-même, l’évaluation d’un produit cosmétique repose sur l’analyse de l’ensemble de ses ingrédients, listés sous leur dénomination INCI.

Chaque ingrédient est classé dans l’une de ces quatre catégories :

  • À risque (pastille rouge)
  • Risque modéré (pastille orange)
  • Risque faible (pastille jaune)
  • Sans risque (pastille verte)

Ce niveau de risque est établi en fonction des effets possibles de l’ingrédient sur la santé et l’environnement : perturbateur endocrinien, allergène, irritant, cancérigène ou polluant. La base de données de Yuka contient environ 12 500 ingrédients cosmétiques. Un ingrédient absent de cette base est ajouté après analyse par le toxicologue de l’équipe.

Apprenez également à lire la liste INCI.

Pourquoi deux produits similaires peuvent avoir des notes très différentes sur Yuka ?

La note d’un produit dépend du niveau de l’ingrédient le plus à risque qu’il contient, pas d’une moyenne de tous ses composants. Si un seul ingrédient classé « à risque » (pastille rouge) figure dans la formule, la note tombe automatiquement en dessous de 25/100, quelle que soit la qualité des autres ingrédients. Si le pire ingrédient est seulement « à risque modéré » (pastille orange), la note reste sous 50/100. La présence des autres ingrédients affine ensuite la note précise à l’intérieur de cette fourchette. C’est ce mécanisme, et non une moyenne globale, qui explique pourquoi un produit à la liste INCI par ailleurs propre peut afficher une note basse à cause d’un seul composant. Vous pouvez observer ce phénomène concrètement sur des marques comme CeraVe ou La Roche-Posay, où certaines références bien perçues obtiennent pourtant une note moyenne à cause d’un seul ingrédient classé à risque.

Un point important, souvent mal compris : Yuka n’évalue pas l’efficacité d’un produit cosmétique. L’application a pour objectif unique de mesurer l’impact potentiel sur la santé, indépendamment de la performance du produit sur la peau ou les cheveux.

Un exemple concret illustre le mécanisme : un baume corporel composé à 95 % d’ingrédients classés verts ou jaunes, mais contenant 0,5 % d’un conservateur classé rouge, obtiendra une note inférieure à 25/100. Le pourcentage réduit de cet ingrédient dans la formule n’entre pas dans le calcul, seul son niveau de risque compte. C’est ce choix méthodologique, assumé par Yuka pour rester lisible en quelques secondes, qui explique la majorité des notes jugées « sévères » par les utilisateurs.

Dans la fiche de chaque produit, Yuka détaille aussi le risque associé à chaque ingrédient individuellement, avec les sources scientifiques correspondantes. La note globale reste donc un résumé : le détail ingrédient par ingrédient est toujours consultable pour qui veut comprendre précisément ce qui a fait baisser un score.

Sur quelles sources scientifiques s’appuie l’équipe Yuka

L’analyse de chaque ingrédient cosmétique se base sur deux types de sources, croisées par l’équipe scientifique de Yuka :

  • Les avis d’instances officielles : l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), le CSSC (Comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs), l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques) et le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer)
  • Des études scientifiques indépendantes, classées par niveau de preuve : les revues systématiques et méta-analyses sont analysées en priorité, suivies des études de cohortes, des études cas-témoins, des études animales, des études in vitro, puis des avis d’experts

Pour juger la qualité de ces études, Yuka utilise le système de notation Klimisch, une référence reconnue en toxicologie. Seules les études jugées les plus fiables selon cette grille sont retenues dans l’évaluation finale d’un ingrédient.

Concrètement, le CSSC est l’organe consultatif qui évalue la sécurité des ingrédients cosmétiques au niveau européen et dont les avis alimentent directement la réglementation. L’ECHA gère de son côté la classification des substances chimiques dangereuses à l’échelle de l’Union européenne, tandis que le CIRC évalue spécifiquement le potentiel cancérigène des substances. En s’appuyant sur ces quatre sources plutôt que sur une base propriétaire fermée, Yuka rend sa méthode traçable : chaque niveau de risque affiché peut, en théorie, être retracé jusqu’à l’avis officiel ou l’étude qui le justifie.

Qui a créé Yuka et comment l’application se finance

Yuka est née d’une rencontre entre trois cofondateurs, Julie Chapon, François Martin et Benoît Martin, lors d’un hackathon au printemps 2016. L’application a été lancée en 2017, d’abord pour les produits alimentaires, avant d’étendre son analyse aux cosmétiques.

Yuka revendique une indépendance financière totale vis-à-vis des marques et des fabricants : aucune entreprise ne peut influencer une note ou payer pour une meilleure évaluation. Selon une interview donnée par Julie Chapon en 2020, l’essentiel des revenus provient de deux sources : environ 70 % d’un abonnement premium à 15 € par an (qui débloque le mode hors ligne, la recherche par mot-clé et des alertes personnalisables, sans jamais modifier la note d’un produit), et environ 20 % de la vente d’un calendrier des fruits et légumes de saison. Cette répartition, communiquée il y a plusieurs années, a pu évoluer depuis.

Quelles sont les limites reconnues de cette méthode de notation

La méthode Yuka comporte des limites documentées, distinctes de la question de sa fiabilité au quotidien. La principale : Yuka n’évalue pas l’efficacité d’un produit, uniquement son impact santé potentiel. Autre limite structurelle : la note dépend du pire ingrédient présent, un mécanisme volontairement simple à comprendre, mais qui ne pondère pas toujours finement le rôle exact de chaque composant dans la formule.

Pour une analyse détaillée de la fiabilité de Yuka au quotidien, avec des cas concrets par catégorie de produit (gel douche, dentifrice, parfum), consultez notre avis complet sur l’application Yuka. Si vous cherchez une lecture ingrédient par ingrédient plus détaillée que le code couleur de Yuka, notre comparatif Yuka face à INCI Beauty présente une approche complémentaire.

Questions fréquentes

Yuka est-elle payée par les marques de cosmétiques ?

Non. Selon l’application elle-même, Yuka ne reçoit aucun financement de la part de marques ou de fabricants. Son revenu provient presque exclusivement des abonnements premium payés par les utilisateurs, et cette version payante n’influence jamais la note attribuée à un produit.

Y a-t-il des scientifiques dans l’équipe qui évalue les cosmétiques ?

Oui. Yuka s’appuie sur une équipe scientifique interne, dont un toxicologue chargé d’analyser les ingrédients absents de la base de données avant de les y ajouter. Cette équipe croise les avis d’instances officielles (ANSES, CSSC, ECHA, CIRC) avec des études indépendantes classées par niveau de preuve selon le système Klimisch.

Le score Yuka fonctionne-t-il de la même façon pour les cosmétiques et pour l’alimentation ?

Non. Le score alimentaire de Yuka repose sur trois critères propres à l’appli (qualité nutritionnelle, présence d’additifs, dimension biologique du produit), sans lien avec le Nutriscore officiel. Le score cosmétique, lui, ne prend en compte que le niveau de risque des ingrédients pour la santé et l’environnement, sans aucune dimension nutritionnelle.

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