Une liste INCI classe les ingrédients d’un produit cosmétique par ordre décroissant de concentration : au-dessus de 1 %, l’ordre reflète fidèlement le dosage réel de chaque ingrédient. En dessous de ce seuil, les fabricants peuvent les placer dans l’ordre qu’ils souhaitent. Voici comment lire cette liste, repérer les allergènes qu’elle doit obligatoirement signaler, et ce qu’elle ne vous dira jamais.
Qu’est-ce qu’une liste INCI et pourquoi est-elle en latin ou en anglais
INCI signifie International Nomenclature of Cosmetic Ingredients.
Cette nomenclature a été conçue en 1973 par la Cosmetic, Toiletry and Fragrance Association (CTFA), une association américaine de fabricants devenue en 2007 le Personal Care Products Council. Son usage est devenu obligatoire dans l’Union européenne avec la sixième modification de la directive cosmétique, entrée en vigueur le 1er janvier 1997 ; cette obligation est aujourd’hui reprise par le règlement (CE) n° 1223/2009, qui encadre l’ensemble du marché cosmétique européen.
Chaque ingrédient y porte un nom standardisé, identique quel que soit le pays où le produit est vendu. Les ingrédients d’origine végétale apparaissent sous leur nom botanique latin (par exemple « Aloe Barbadensis Leaf Juice » pour le jus d’aloe vera), tandis que les ingrédients de synthèse portent un nom chimique, généralement en anglais. Cette double convention permet à un consommateur, ou à une application comme Yuka ou INCI Beauty, de reconnaître un ingrédient identique sur un produit vendu en France, en Allemagne ou au Japon.
Comment est construit l’ordre des ingrédients dans une liste INCI
La règle centrale est simple : les ingrédients présents à plus de 1 % de la formule sont listés du plus concentré au moins concentré. C’est pour cela que l’eau, notée « Aqua », ouvre la plupart des listes INCI de crèmes, gels douche ou shampoings : elle constitue souvent la base de la formule. Les cinq premiers ingrédients représentent généralement entre 70 et 80 % du produit fini, ce qui en fait le passage le plus informatif de toute la liste.
En dessous de 1 % de concentration, le fabricant peut en revanche présenter les ingrédients dans l’ordre qu’il souhaite. C’est pourquoi la fin d’une liste INCI mélange souvent conservateurs, actifs ciblés et parfum sans logique de dosage apparente.
Pourquoi un ingrédient en fin de liste n’est pas forcément anecdotique
Parce que l’ordre en dessous de 1 % est libre, un ingrédient placé en toute fin de liste n’est pas nécessairement le moins présent des ingrédients à faible dose. Un actif efficace à très faible concentration, comme certains extraits botaniques concentrés, peut ainsi apparaître n’importe où après le seuil des 1 %, au même titre qu’un conservateur ou un allergène de parfum. La position exacte dans cette portion de la liste ne renseigne donc pas sur l’importance réelle de l’ingrédient dans la formule.
Comment repérer les allergènes déclarés dans une liste INCI
Le règlement (CE) n° 1223/2009 impose de déclarer nommément certains allergènes de parfum dans la liste INCI, dès lors qu’ils dépassent un seuil de concentration : 0,001 % pour les produits sans rinçage (crèmes, parfums, huiles) et 0,01 % pour les produits rincés (shampooings, gels douche). En dessous de ces seuils, l’allergène peut rester dissimulé sous la mention générique « parfum » ou « aroma ».
Cette liste d’allergènes a été fortement élargie par le règlement (UE) 2023/1545, publié le 26 juillet 2023 : elle est passée d’une trentaine de substances à 81 allergènes soumis à déclaration, avec une entrée en application progressive à partir de juillet 2026. Le texte introduit aussi des « noms groupés » : plusieurs substances chimiques proches, comme le citral, le géranial et le néral, sont regroupées sous une seule dénomination dans la liste INCI dès lors que leur somme dépasse le seuil réglementaire.
Faut-il utiliser une application pour décrypter une liste INCI
Lire une liste INCI donne le classement et la concentration relative des ingrédients, mais pas leur niveau de risque individuel. Des applications comme Yuka ou INCI Beauty appliquent chacune leur propre grille d’analyse à cette même liste, avec des approches différentes : l’une privilégie un verdict rapide, l’autre le détail ingrédient par ingrédient. Pour comprendre concrètement comment l’une de ces grilles fonctionne, notre article sur le fonctionnement du score Yuka pour les cosmétiques détaille son mécanisme de notation. Pour comparer les deux applications entre elles, notre comparatif Yuka face à INCI Beauty reste la référence sur le site.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la liste INCI ne permet pas de savoir ?
Elle ne révèle jamais la concentration exacte de chaque ingrédient, seul l’ordre est connu, pas le pourcentage précis. Elle ne renseigne pas non plus sur l’origine géographique des matières premières, ni sur le procédé de fabrication utilisé pour les obtenir.
Pourquoi certains ingrédients sont-ils regroupés sous le mot « parfum » ?
Les compositions parfumantes sont protégées par le secret de fabrication et peuvent être déclarées sous les termes génériques « parfum » ou « aroma ». Seuls les allergènes réglementés qui dépassent les seuils de déclaration doivent malgré tout apparaître nommément dans la liste, en plus de cette mention générique.
Une liste INCI courte signifie-t-elle qu’un produit est plus sain ?
Pas nécessairement. Une liste courte indique une formule simple, mais ne dit rien du niveau de risque individuel des ingrédients qui la composent. Une liste longue contenant des ingrédients bien tolérés n’est pas automatiquement moins recommandable qu’une liste courte incluant un ingrédient controversé.











